" />

Sur mon rejet de l'invitation de la fondation du commonwealth
À : Fondation du Commonwealth
Le bureau du directeur général
Dr Anne T Gallagher
22 février 2023
Salutations,
Je vous remercie pour l'invitation à participer à la consultation des jeunes sur la Charte du Commonwealth. Je tiens à exprimer ma gratitude à la Directrice générale du Commonwealth pour cette invitation que je suis honorée de recevoir.
Mon pays, le Togo, est avec le Gabon, le plus jeune membre du Commonwealth. Alors que l'institution a longtemps été tenue en haute estime aux yeux de la jeunesse togolaise et gabonaise qui croit en la démocratie et défend les droits de l'homme et l'égalité, cette estime s'est considérablement estompée depuis l'année dernière.
Nous avons été choqués d'apprendre que nos gouvernements au Togo et au Gabon, qui ont totalisé plus de 100 ans au pouvoir entre leurs deux familles (les Gnassingbé et les Bongo), et se sont maintenus au pouvoir à travers des coups d'État, des violences inimaginables, des fraudes électorales, la corruption et les violations extrêmes des droits de l'homme, ont été autorisés à rejoindre cette institution dont les principes fondateurs sont la défense des droits de l'homme et la promotion de la démocratie.
La Fondation du Commonwealth n'a jamais pris la peine de consulter les jeunes de ces deux pays, les voix dissidentes qui se battent depuis des décennies pour le changement au prix de leur liberté et de leur vie avant d'admettre ces régimes voyous dans son club.
Le Commonwealth n'a pas considéré l'incarcération arbitraire de nombreux prisonniers politiques qui ont passé quatre à cinq ans en prison sans procès simplement pour avoir protesté pour le changement comme un acte suffisamment épouvantable pour rejeter la candidature de ces deux gouvernements. Au contraire, il a élevé ces régimes (notamment) celui du Togo et nous a envoyé un message très fort : que le Commonwealth n'est qu'une autre institution multilatérale dont les valeurs sont purement théâtrales.
Je suis désolée mais je décline respectueusement votre invitation à commenter votre charte. Je suis sure que vous trouverez un bon remplaçant au Togo dans les rangs des jeunes qui ont été formés par le régime pour promouvoir le récit selon lequel le Togo est dirigé par un gouvernement progressiste et démocratique.
Ceux d'entre nous dont les camarades sont en prison et torturés au point que certains sont devenus handicapés, et les plus malchanceux ont perdu la vie, ne croient pas que nos voix comptent dans des espaces comme le Commonwealth. J'ai eu le privilège d'avoir appris une bonne leçon tout au long de mes deux décennies d'activisme : les alliés des dictateurs ne peuvent jamais devenir les alliés des dissidents. Je suis une dissidente en exil, incapable de retourner dans un pays du Commonwealth.
Les activistes comme moi ne peuvent pas se permettre d’utiliser notre temps limité à réviser une charte qui a été jetée sous le tapis quand il s'agissait d'admettre des dictateurs comme Faure Gnassingbé et Ali Bongo
Respectueusement encore une fois : Non merci !
Farida Nabourema
Togolese Civil League
Directrice Exécutive
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :