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Au cours d'une année, je me retrouve absente pendant pas moins de 120 jours, voyageant à divers coins du globe pour apporter mon soutien à la noble cause de la libération de l’Afrique et surtout du Togo.

Que ce soit en travaillant aux côtés d'autres activistes, en participant à des forums ou en participant à des réunions de plaidoyer, mon engagement ne connaît pas de limites. Je ne me rappelle pas de la dernière fois que j’ai lu pour pur plaisir et mes années d’adolescence ou je dévorais des dizaines de fictions me manquent.

De la création d'alliances avec des organisations de la société civile à la formation des plus jeunes, en passant par la défense des prisonniers politiques et la documentation méticuleuse des injustices pour examen international, le travail d’un militant est incessant. Il arrive des fois où vous manquez de force et d’énergie mais vous répondez quand même aux appels et vous honorez les invitations pour la cause.

Le lourd tribut du militantisme atteint des sommets encore plus élevés une fois la parentalité prise en compte. Au cours des cinq dernières années, j'ai probablement manqué la moitié des moments fugaces de mon enfant, chaque absence étant un rappel poignant des sacrifices exigés dans la poursuite d'un avenir plus radieux pour tous les enfants.

Au milieu de la poursuite incessante de la justice se trouve cependant une réalité désolante : les attaques vitrioliques, les calomnies injustifiées, non pas de la part des oppresseurs eux-mêmes (car leur répression est attendue), mais de ceux que nous nous efforçons de défendre et de protéger. La lutte, vorace dans son appétit, consomme non seulement notre temps, notre énergie et nos ressources, mais aussi nos émotions, laissant peu de place au repos ou à la réflexion. Et pourtant, le soutien tant que moral que l'on espère reste insaisissable, éclipsé par les exigences persistantes de la cause.

En tant qu'introvertie de nature, je suis mal à l'aise face aux éloges, préférant la solitude de l'anonymat à la lumière des louanges. Certains confondent cette distance vis à vis des hommages à de l’arrogance mais c’est l’expression d’un malaise profond.
Toutefois ce qui pèse vraiment sur le cœur, c'est l'absence d'empathie de la part de ceux que nous essayons d'aider. L'ironie réside dans l'attente pour les activistes de porter leurs fardeaux en silence, de supporter et de cacher leur souffrance tout en amplifiant les voix des autres qui sont marginalisés. Nous sommes, après tout, censés être les voix des sans-voix, même lorsque nos propres voix sont étouffées.

L'humanité, dans sa quête de libération, doit apprendre à étendre sa compassion à ceux qui osent défier l'oppression. Les activistes, eux aussi, sont humains - ils saignent, ils souffrent, ils faiblissent. Et pourtant, lorsque le poids du monde devient trop lourd à supporter et que nous faiblissons, nous ne sommes pas accueillis avec compréhension mais avec dérision, blâmés pour notre faiblesse perçue.

Aspirons donc à une approche plus humaine - une approche qui reconnaît l'humanité des activistes et honore leurs sacrifices. Car dans la poursuite d'un monde plus juste, l'empathie et la solidarité doivent être nos guides.

Farida Bemba Nabourema
Citoyenne Africaine Désabusée!

Tag(s) : #FaureMustGo, #Togo, #Afrique, #Resistance
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